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Le Tchad

Présentation

Pays multiconfessionnel (musulman et chrétien) que sa géographie place au cœur de l’Afrique, le Tchad fait le lien entre le monde arabo-musulman, l’Afrique centrale bantoue et l’Afrique de l’Ouest. Bordé au nord par la Libye, à l’ouest par le Niger, le Nigeria et le Cameroun, au sud par la République centrafricaine et à l’est par le Soudan, le Tchad ne dispose pas d’accès direct à la mer.

Son territoire s’étend sur 1 284 000 km² soit un peu plus de deux fois la superficie de la France. Au nord domine le massif du Tibesti partiellement montagneux et volcanique où culmine le mont Emi Koussi (3415 m). Le sud est couvert par la savane sur les plateaux et par quelques zones de cultures, le plus souvent irriguées. Les principaux fleuves sont le Chari et le Logone orientés sud-est/nord-ouest, qui se rejoignent à N’Djaména avant de se déverser dans le lac Tchad (quatrième plan d’eau d’Afrique) à l’ouest du pays. Le français et l’arabe sont les langues officielles. Plus de 150 langues et dialectes locaux, appartenant à une dizaine de groupes linguistiques distincts, existent à travers le pays.

Situation économique et financière

La fragilité économique du Tchad s’illustre par la faiblesse du PIB par habitant (1091 USD en 2013) et un indice de développement humain qui occupe la 184ème place sur 187 pays classés par le PNUD.

Après s’être redressée en 2012 (+8,9 % contre +0,1 % en 2011), la croissance a atteint 3,9 % en 2013 grâce à l’entrée en activité de deux usines chinoises (raffinerie de Djarmaya et cimenterie de Baoré), à la très bonne tenue du secteur cotonnier, à une production vivrière bien appuyée par la pluviométrie et au secteur du BTP porté par l’investissement public. Selon les estimations du FMI, le taux de croissance 2014 devrait atteindre les 10,8 %, porté par l’effectivité des nouveaux investissements dans le secteur des hydrocarbures.

Devenu producteur de pétrole en 2003, le Tchad demeure confronté à la faible diversification de son économie. Le secteur primaire domine avec 46% du PIB, devant le secteur secondaire et tertiaire, respectivement 14% et 40% du PIB. Le secteur primaire (46% du PIB) est composé essentiellement du pétrole, de l’agriculture notamment avec la filière cotonnière et de l’élevage. Depuis 2005, le secteur pétrolier représente en moyenne 20% du PIB réel et 80% des exportations. Première source de devises du pays, il représente aussi 67% des recettes budgétaires totales (976 Mds CFA dans la loi de finances en 2014). En 2013, la production pétrolière était de 97 000 b/jours. La gomme arabique constitue également une ressource importante, le Tchad étant le deuxième exportateur mondial après le Soudan. Le secteur secondaire (14% du PIB) occupe une place réduite. Les industries manufacturières historiques du pays sont celles du coton, du sucre, des cigarettes et des brasseries. Le secteur offre aujourd’hui des perspectives de diversification avec la réalisation de projets financés par l’Etat avec l’appui de pays émergents (filature, assemblage de tracteurs, usine de jus de fruits, cimenterie, raffinerie). Le secteur tertiaire, quant à lui, est dominé par le commerce et l’administration. Les activités bancaires, d’assurances et de conseil enregistrent une forte croissance. La téléphonie mobile avec Tigo, Airtel et plus marginalement Sotel poursuit sa progression. La mise en exploitation de la fibre optique devrait également contribuer positivement à la croissance du PIB dans les prochaines années. Enfin, l’économie informelle, occupe une place importante (estimée à 60% de la population active en 2012) et exerce une forte concurrence sur le secteur formel dans certains domaines. Plus de 70% de la population est rurale et environ deux-tiers des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. La revalorisation du SMIG (équivalent du SMIC français) à 60 000 FCFA mensuel en décembre 2011 a  légèrement amélioré la situation.

Politiques fiscale et économique

Le budget 2013 s’est concentré sur la santé, l’éducation, le développement rural et la construction des infrastructures. Malgré les efforts de diversification économique, le déficit primaire hors pétrole reste important. Pour réduire ce dernier, le gouvernement souhaite diminuer les exonérations fiscales et douanières, maîtriser l’assiette fiscale, lutter contre la fraude et améliorer le respect des procédures de gestion budgétaire et de passation des marchés publics. L’exercice 2013 a été marqué par de très importantes dépenses militaires en lien avec l’intervention malienne, financée en propre par l’Etat dans un premier temps, et dans une autre mesure en lien avec la situation du voisin centrafricain. Cette utilisation répétée de procédures de dépenses d’urgence cause des dépassements budgétaires, augmentant le ratio de la dette publique au PIB et empêchant le Tchad de se constituer une épargne financière. Néanmoins, la bonne tenue des recettes non pétrolières a partiellement compensé la tenue des recettes pétrolières, moindres qu’attendu. Le déficit budgétaire a ainsi atteint 5,4 % du PIB. La loi de finances 2014 est bâtie sur des hypothèses prudentes de +5,6 % pour la croissance réelle et +3 % pour l’inflation. Les recettes totales y sont estimées à 1 646 Mds FCFA (2,51 Mds EUR) et les dépenses à 1 743 Mds FCFA (2,66 Mds EUR), soit des évolutions respectives de +16 et -4 % par rapport à 2013 (LFI). Le recrutement de 8 300 agents de la fonction publique est prévu, dont 4 000 enseignants. La baisse globale des dépenses n’est due qu’à la baisse des dépenses sur ressources extérieures. L’estimation des recettes pétrolières est de 976 Mds de FCFA (1,48 M EUR) pour 2014 (+19 %). Le déficit s’établirait à 96 Mds (146 M EUR), financé par des émissions de bons du Trésor et possiblement par les ressources d’un accord FMI.

Accords politiques, juridiques et multilatéraux

Le Tchad est membre de l’Union africaine (et de ses agences dérivées comme le NEPAD), de l’Organisation internationale de la francophonie, de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Organisation des Nations-Unies. Le pays travaille avec plusieurs branches de l’ONU (Banque mondiale, Unicef, Programme des Nations-Unies pour le développement, etc.) et est signataire de plusieurs de ses textes, dont la Convention des Nations-Unies contre la corruption. Le Tchad est aussi consulté par le Fonds monétaire international mais n’a plus de représentant permanent depuis fin 2010. Le pays a atteint le point de décision dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés et est actuellement en phase transitoire pour l’obtention du point d’achèvement fin 2014. Au niveau de la sous-région, le Tchad est membre de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des états d’Afrique centrale (CEEAC). La première institue une zone monétaire entre les six pays membres où une zone de libre-échange est en place avec une monnaie commune : le franc CFA (XAF). La seconde a pour but d’aboutir à un marché commun. Dans la pratique, ces organisations peinent à atteindre leurs objectifs d’intégration régionale afin d’appuyer les échanges et la diversification des économies.

Depuis 2005, le Tchad est aussi membre de l’Association des producteurs de pétrole africains. Cette dernière a pour but de renforcer la collaboration entre les compagnies pétrolières des membres et de maintenir une stabilité des prix. Une partie conséquente de la législation du Tchad se base sur celle du droit OHADA, le pays étant membre de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires. L’arbitrage local est seulement possible pour les marchés publics. Pour les autres litiges, les parties peuvent saisir la Cour commune de justice et d’arbitrage basée à Abidjan. Une seule convention relative à la double imposition a été mise en place avec le Tchad : elle concerne le Qatar et date de novembre 1999. D’autres conventions, liées cette fois-ci aux investissements, ont été conclues en plusieurs vagues : avant 1970, des accords ont été signés avec la France, l’Allemagne, l’Italie et la Suisse ; à la fin des années 1990, ils concernent l’Egypte, le Qatar et le Maroc ; enfin dans les années 2000, ils concernent le Bénin, le Burkina-Faso, la Guinée, le Liban, le Mali, l’Ile Maurice et la Chine (2010). En étant membre de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), les personnes physiques ou morales déposant leur demande au Tchad bénéficient des droits de propriété intellectuelle étendus sur les territoires des seize pays membres, notamment par la délivrance de titres de protection des droits de propriété industrielle.

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